Proches aidants à bout de souffle

Avec le vieillissement de la population, le nombre de personnes en perte d’autonomie ne cesse d’augmenter. Les gens qui prennent la décision de s’occuper d’un parent vieillissant sont donc eux aussi de plus en plus nombreux.

Devenir un proche aidant est un choix difficile à faire. Il peut procurer de grandes satisfactions, mais il vient aussi avec son lot de difficultés de toutes sortes : financières, professionnelles, sociales et psychologiques. Et ces proches aidants manquent cruellement de ressources pour les aider. Nous avons rencontré, cette semaine, des personnes qui ont fait ce choix de vie, mais qui en paient aussi les lourdes conséquences.

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Josée Faubert s’occupe de sa mère à temps plein depuis 14 ans. Atteinte de la maladie d’Alzheimer et de sénilité, cette dernière exige des soins soutenus et une vigilance constante. Impossible de la laisser seule à la maison : Josée vit au service de sa mère 24 heures sur 24. Et heureusement qu’elle ne cherche pas de reconnaissance en échange, car sa mère est bien souvent dure et acariâtre avec elle, en raison de sa maladie.

14 ans, c’est long… Et avec le recul, même si elle ne regrette rien, Josée se rend compte que cette décision de prendre sa mère chez elle a été prise sur le coup de l’émotion, et non pas longuement mûrie, en soupesant le pour et le contre. Ce sont plutôt les évènements qui ont précipité sa décision. Sa mère ayant été hospitalisée suite à une grave infection urinaire, Josée a voulu la prendre chez elle pour pouvoir prendre soin d’elle, pensant qu’elle n’en avait plus pour longtemps. À sa grande surprise, sa mère s’est suffisamment remise pour vivre de nombreuses années supplémentaires et Josée a pris l’habitude de s’en occuper à temps plein.

José-Marie Langevin a commencé à prendre soin de son père, elle aussi dans la foulée d’une situation dramatique. Après le décès de sa mère, elle est allée vivre avec son père quelque temps pour lui offrir du soutien, puisqu’il est atteint de la maladie de Parkinson. Puis après avoir coordonné les communications avec le CLSC, elle est retournée vivre chez elle, pensant que son père réussirait à s’organiser. Mais non, la réalité s’est rapidement imposée : il était incapable de subvenir à ses besoins, et José-Marie a décidé d’aller s’installer chez lui. Une situation qui dure depuis maintenant 5 ans.

Elle non plus ne se souvient pas d’avoir vraiment mûri le choix de devenir une proche aidante : « Je n’ai pas pris le temps de tout soupeser, raconte-t-elle. Avec le recul aujourd’hui, c’était peut-être une bonne chose, parce que si j’avais trop eu le temps d’analyser, j’aurais probablement jeté la serviette. »

Cette décision d’aller vivre avec son père a entrainé des conséquences importantes sur la vie de José-Marie. Travailleuse autonome, elle était propriétaire d’un condo où elle avait l’habitude de vivre seule depuis longtemps. En choisissant d’aller cohabiter avec son père, elle a dû vendre son condo et surtout, cesser de travailler et laisser aller toute sa clientèle qu’elle avait mis des années à bâtir. « Les conséquences économiques et financières de mon nouveau statut sont énormes. Je n’ai plus de revenus! Mes revenus sont basés sur ceux de mon père. Alors vous imaginez, je ne dépense plus comme avant. Je dois me serrer la ceinture… »

Outre les conséquences financières, le choix de prendre la responsabilité de vivre avec son père impliquait également de renoncer à toute la liberté qu’elle avait en vivant seule : « Ça voulait dire vivre 24 heures sur 24, 7 jours semaine avec une personne. Ce que je n’avais jamais vécu de ma vie avant il y a 5 ans. »

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- Tiré de Telequebec.tv