Témoignages
«...il est bien d’aider mais il ne faut pas s’oublier pour autant.»
Christiane
Je suis une proche aidante auprès de mes parents depuis 5 ans. Mon père a 85 ans et il est en fauteuil roulant et en lourde perte d’autonomie. Ma mère a 84 ans, et est pour sa part en légère perte d’autonomie. Il y a quelques années, j’ai quitté mon travail en tant que préposée aux bénéficiaires afin de prendre soin de mes parents. Je n’ai pas hésité à le faire une minute, j’étais certaine de faire le bon choix.
Le temps passait et ma tâche s’alourdissait. Le travail devenait très demandant, je dirais même exigeant. Étant donné la nature de mon lien avec les personnes que j’aide (mes parents), je n’osais bien souvent pas dire non pour éviter de leur faire de la peine. Je comblais tous leurs besoins et s’il me restait du temps je le consacrais à mon conjoint et à mes enfants. J’avais oublié que j’existais.
Un jour, au bout de mes forces, l’épuisement m’a saisi. Je ne pouvais plus avancer, je ne pouvais plus travailler. J’ai dû arrêter momentanément mes engagements envers mes parents pour me reposer. Ce fut un choc pour moi ainsi que pour mes parents. La panique s’est installée. C’était à se demander : «Qui prend soin de qui ?». Après 2 mois de repos complet, mes parents ont finalement compris que j’avais des limites et qu’ils avaient été exigeants envers moi (ils ne le voyaient plus).
Suite à cette expérience, j’ai compris qu’il est bien d’aider mais qu’il ne faut pas s’oublier pour autant. Nous, les proches aidantEs, sommes des personnes qui ont tendance à s’oublier pour les autres, nous avons un grand cœur et sommes énormément généreux. Or, apprendre à respecter nos besoins et nos limites personnelles peut nous être bénéfique afin d’avoir un certain équilibre. Il est possible d’aider son proche sans se rendre à l’épuisement et perdre la santé.
Je désire remercier Catherine Patenaude du Regroupement des proches aidants de Bellechasse pour son appui, son aide, son écoute et son temps. Maintenant je peux dire que je prends soin de moi tout en prenant soin de mes parents. Je suis heureuse d’être proche aidante !