Témoignages
Une histoire de vie qui illustre la réalité des aidantes
Francine, 58 ans.
«Depuis deux ans, ma mère glisse doucement vers la maladie d’Alzheimer. Au début, toute la famille s’implique, on se fait un horaire, chacun sa fin de semaine de garde, on appelle tous les soirs, on se partage les tâches.»
Puis aussi sûrement que sa mère glisse vers la perte de ses facultés, la famille relâche ses engagements. Francine se retrouve bientôt seule à se rendre disponible pour sa mère. Comme pour bien des aidantes, ses frères et sœurs la trouvent «tellement meilleure qu’eux». Au fil du temps son tour revient plus souvent et l’aide de la famille est de plus en plus espacée. La fatigue s’installe. Francine épuise ses vacances et demande un congé sans solde. Sa mère n’accepte pas d’entendre parler de déménagement et encore moins d’une quelconque maladie. Pour elle tout va bien. Pourtant, elle doit être transportée à l’hôpital au moindre énervement. La situation se détériore et se prolonge. Maintenant Francine a quitté son emploi, avec tout ce que cela implique, pour prendre soin de sa mère à temps plein.
« C’est difficile pour la vie de couple, pour les relations familiales et pour le portefeuille. Mes sorties sont de plus en plus rares et j’ai le sentiment de perdre l’emprise sur ma vie. Mon choix est bien limité, quand on lit tout ce qui se passe en centre d’hébergement, c’est une solution qu’on n’a pas le goût d’envisagée. En ce moment ma mère ne peut plus rester seule, mais elle n’est pas assez malade pour obtenir les services du CLSC. Alors je me suis tournée vers le Regroupement des proches aidants et leur service d’accompagnement. Après une rencontre avec l’intervenante, je me suis sentie en confiance, j’ai senti qu’elle était là pour m’écouter et trouver avec moi des solutions. Depuis quelques semaines, j’ai repris du contrôle sur ma vie.»